Dossier No 548

Article(s): Article 10 (Sécurité)

Préoccupation(s): Représentation dangereuse

Région: National

Industrie: Automobile - Constructeurs

Média(s): Médias sociaux

Nombre de plaintes: 1

Année: 2025

Description:

Une vidéo publiée sur la plateforme de médias sociaux de l’annonceur promeut  la fonction Conduite entièrement autonome (« Full Service Driving ») de ses véhicules. La vidéo semble être une compilation d’expériences rapportées par différents propriétaires de véhicules concernant la fonction de conduite entièrement autonome (FSD).

Dans la scène d’ouverture de la publicité, on voit un homme assis dans le siège du conducteur en train de se préparer un espresso à l’aide d’une machine, tandis que le véhicule se conduit lui‑même. Il dit : « Je prépare mon espresso pendant que je conduis », alors qu’il recule un peu son siège pour le déguster. Une exclusion de responsabilité apparaît à l’écran pendant la durée entière de la scène : « Le système FSD (Supervisé) exige que le conducteur reste attentif à la route et soit prêt à intervenir à tout moment ».

Dans une autre scène, une femme est représentée assise dans le siège du conducteur et en train de danser avec les mains dans les airs, alors que le véhicule se conduit tout seul. Elle déclare : « J’adore le système FSD » alors qu’elle regarde en direction du siège passager, vers le dispositif qui est en train de la filmer.

Dans une troisième scène, on voit un homme assis dans le siège du conducteur, les bras croisés, tandis que le véhicule se conduit lui‑même. Il déclare : « J’éprouvais de l’anxiété au volant. Je ne savais pas ce que j’allais être capable de faire. On peut absorber tout ce qui se passe autour de soi et profiter un peu du trajet sans être mentalement aussi stressé, mentalement épuisé par le fait de devoir se concentrer sur « oh, qu’est‑ce que cette voiture va faire, et celle‑ci, et celle‑ci, et celle‑ci », parce que nous avons toutes ces caméras qui surveillent exactement ce qui se passe. »

La publicité se termine avec un message affiché à l’écran qui précise « Conduite entièrement autonome (Supervisée). »

Plainte:

Le plaignant allègue que la publicité est dangereuse parce qu’elle montre des situations qui, si elles étaient reproduites dans le monde réel, mettraient des vies inutilement en danger.

Réponse de l’annonceur:

Bien que les Normes de la publicité aient demandé à l’annonceur de donner suite à la plainte, celui-ci n’a pas répondu au Conseil.

Décision:

Dans le cadre de leurs discussions, une minorité des membres du Conseil étaient d’avis que bien que la publicité comportait certaines scènes exagérées, elle présentait un équilibre général dans la mesure où les conducteurs semblaient garder le contrôle puisqu’ils étaient conscients de devoir reprendre la conduite au besoin. Certains membres du Conseil ont noté que l’objectif même de la publicité était de démontrer la fonction de conduite autonome du véhicule, de sorte que l’accent mis sur cet aspect n’était ni gratuit ni dépourvu de pertinence. Un membre du Conseil a déclaré : « La règle des dix‑et‑deux n’est pas la référence pour déterminer ce qui est sécuritaire ou non. Ce qui importe, c’est le contrôle du véhicule… ». Ces membres du Conseil ont déterminé que la publicité n’a pas témoigné, sans raison, d’indifférence à l’égard de la sécurité du public en présentant des situations que l’on pourrait, de façon raisonnable, interpréter comme étant un encouragement à des pratiques ou à des gestes imprudents ou dangereux.

Toutefois, ce ne fut pas le point de vue dominant du Conseil qui a jugé que les comportements représentés démontraient que la capacité des conducteurs à être en contrôle et à reprendre la conduite du véhicule était compromise. Une majorité des membres du Conseil étaient d’avis que la publicité mettait en scène des comportements excédant les limites de l’acceptabilité au sens du Code.

Selon ces mêmes membres, un homme qui regarde vers le bas pour verser son espresso alors que le véhicule semble rouler à grande vitesse, ainsi qu’une femme qui danse les deux mains dans les airs en regardant vers la caméra plutôt que la route, prête à reprendre le contrôle de son véhicule en mode de conduite autonome, illustrent des comportements dangereux qui sont inacceptables.

De même, le fait de montrer un homme souffrant d’une anxiété marquée à l’idée de conduire et se disant soulagé que le véhicule prenne en charge la conduite, lui permettant de profiter du trajet sans porter attention aux autres usagers de la route, est jugé inacceptable. Comme l’a souligné un membre du Conseil : « Cela suggère que cette fonctionnalité constitue une sorte de remède miracle à l’anxiété au volant et qu’il n’est plus nécessaire de se préoccuper de l’environnement routier, mais simplement de laisser le véhicule agir ».

Pour ces raisons, la majorité des membres du Conseil ont jugé que la publicité témoignait d’indifférence à l’égard de la sécurité du public en présentant des situations que l’on pourrait, de façon raisonnable, interpréter comme étant un encouragement à des pratiques ou à des gestes imprudents ou dangereux.

Infraction:

Article 10

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