Dossier No 493

Article(s): Article 11 (Superstitions et frayeurs); Article 14 (Descriptions et représentations inacceptables)

Préoccupation(s): Représentation trompeuse

Annonceur: Prolife Alberta

Région: National

Industrie: Défense d'intérêt

Média(s): Médias sociaux

Nombre de plaintes: 1

Année: 2025

Description:

Une publicité évoque la « culture pro‑mort » du Canada et affirme que les politiciens canadiens sont « TERRIFIÉS à l’idée de s’exprimer sur l’avortement parce qu’ils craignent de perdre leur emprise sur le pouvoir » et que s’ils « ne l’appuient pas, ils seront considérés comme des parias dans leurs cercles sociaux d’élite ». L’annonce comporte également une image de la Grande Faucheuse tenant une faux, debout dans un champ sombre sous un ciel nuageux, et pose la question : « EN AVEZ‑VOUS ASSEZ DE LA CULTURE PRO‑MORT DU CANADA? OUI! ». Un bouton « En savoir plus » figure à côté du nom/de l’URL de l’annonceur, menant vraisemblablement au site Web de ce dernier.

Plainte:

Le plaignant allègue que la publicité est profondément troublante, inappropriée et qu’elle joue sur les frayeurs dans le but de tromper le public.

Réponse de l’annonceur:

Dans sa réponse au Conseil, l’annonceur soutient que la publicité est vraie, intègre et exacte, et précise que l’expression « culture pro‑mort » et l’image de la Grande Faucheuse qui l’accompagne sont des métaphores symboliques qui ne sont pas trompeuses et qui reflètent un jugement fondé sur des faits documentés concernant le droit à l’avortement, la pratique médicale et l’élargissement de l’accès à l’euthanasie au Canada.

L’annonceur a maintenu que les politiciens évitent systématiquement de débattre de manière substantielle de l’avortement par crainte de répercussions politiques et que l’environnement des politiques publiques au Canada favorise une « culture pro‑mort » puisqu’il n’existe aucune restriction légale sur l’avortement à quelque stade que ce soit de la grossesse – une anomalie à l’échelle mondiale selon l’annonceur.

Selon l’annonceur, le Parlement du Canada a, à plusieurs reprises, élargi l’accès à l’euthanasie (AMM) qui s’applique désormais non seulement aux personnes en phase terminale, mais aussi aux personnes en situation de handicap, aux personnes atteintes de troubles mentaux et même aux « mineurs matures ». Ces évolutions, soutient‑il, témoignent d’une normalisation au Canada d’une culture où la mort sanctionnée par l’État est acceptée et facilitée comme une solution à la vulnérabilité humaine.

Décision:

Lorsque le Conseil examine une publicité engagée en vertu du Code, il n’est pas autorisé à l’évaluer en fonction des points de vue personnels de ses membres sur la question. Le Code n’interdit ni ne restreint les positions ou les arguments particuliers à condition que la publicité communique son message conformément aux normes de vérité, d’intégrité et d’exactitude prescrites par le Code et qu’elle ne contienne ni représentations ni descriptions inacceptables en vertu de ce même Code.

Le Conseil a apprécié la réponse de l’annonceur et a examiné la plainte conjointement avec les arguments de ce dernier.

Au cours de leurs délibérations, les membres du Conseil ont convenu que la publicité utilisait un langage et des images très fortes afin de susciter une réaction émotive dans la transmission de son message.

Une majorité des membres du Conseil ont estimé que l’utilisation d’un tel message volontairement fort dans la publicité était excessive et constituait une représentation ou une description inacceptable, dénigrant au passage un ou plusieurs groupes identifiables et jouant également sur les frayeurs dans le but de tromper les consommateurs. L’usage de ces éléments combinés – en particulier les références à une culture pro‑mort, l’affirmation selon laquelle les politiciens seraient TERRIFIÉS (en majuscules) à l’idée de perdre leur emprise sur le pouvoir ainsi que l’image de la Grande Faucheuse tenant une faux – laisse entendre que les politiciens sont comparables à des Faucheuses tuant activement des fœtus à naître. Selon un membre du Conseil, cela « dépasse largement ce qui est acceptable en vertu du Code ».

Une minorité des membres du Conseil ont estimé que, même si la publicité utilisait un langage et des images destinés à susciter une réaction émotive, cela ne posait pas de problème, car la plupart des publicités le font. L’un des membres a d’ailleurs déclaré : « Je n’ai aucun problème avec la culture pro‑mort. La mort fait partie de la vie et nous devons pouvoir en parler et explorer le sujet. Je ne suis ni inquiet ni effrayé. » Dans les faits, selon cette minorité, la publicité ne joue pas sur les frayeurs du public, mais elle semble plutôt accuser les politiciens et d’autres partisans de la culture pro‑mort au Canada d’être favorables à tuer des gens — non seulement des fœtus, mais tout le monde. Pour la majorité des membres du Conseil qui ont compris les références à la culture pro‑mort comme englobant toute personne participant aux pratiques de fin de vie, et non seulement les politiciens, ces accusations pro‑mort jouent effectivement sur les frayeurs afin de tromper les consommateurs. De plus, en utilisant l’expression « perdre leur emprise sur le pouvoir », la publicité suggère que les politiciens seraient délirants et inaptes à exercer leurs fonctions.

Le Conseil a conclu à la majorité que la publicité dépréciait, discréditait ou dénigrait une ou des personnes, un groupe de personnes ou des professions, etc., identifiables et tentait de les exposer au mépris public et qu’elle jouait sur les frayeurs dans le but de tromper les consommateurs, tel que l’interdit le Code.

Infraction:

Articles 11, 14(c), 14(d)

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